Le dimanche 24 mai 2026, le Bénin a connu une nouvelle alternance démocratique. Après dix années passées à la tête du pays, le président Patrice Talon a transmis le pouvoir à son ancien ministre de l’Économie et des Finances, Romuald Wadagni, élu lors du scrutin présidentiel du 12 avril 2026. Cette investiture a été marquée par la présence remarquée de délégations venues des pays de l’Alliance des États du Sahel (AES), malgré les tensions diplomatiques qui ont marqué leurs relations avec le Bénin ces dernières années.
Le Bénin poursuit sa marche démocratique à travers l’organisation régulière d’élections, signe d’une stabilité institutionnelle remarquable dans la sous-région ouest-africaine. Le 24 mai dernier, Cotonou a ainsi accueilli une cérémonie d’investiture d’envergure au cours de laquelle le président élu, Romuald Wadagni a officiellement prêté serment pour un mandat de sept ans. Plusieurs personnalités et délégations étrangères ont pris part à cette cérémonie. Parmi elles figurait une importante représentation des pays de l’AES, notamment du Niger, avec lequel le Bénin entretient des relations tendues depuis le coup d’Etat du 26 juillet 2023. Cette présence apparait comme un signal encourageant pour une reprise progressive du dialogue entre les deux pays. Une telle évolution pourrait avoir des répercussions positives sur le Port autonome de Coto nou, principal corridor d’approvisionnement du Niger avant la crise diplomatique Depuis la rupture des relations entre les deux Etats, une grande partie du trafic nigérien a été réorientée vers d’autres ports de la sous-région, notamment celui de Lomé. En effet, la fermeture de la frontière et les tensions diplomatiques ont eu des conséquences économiques pour les deux pays. Le Bénin a enregistré une baisse de certaines activités liées au transit portuaire, tandis que le Niger a dû faire face à des coûts logistiques plus élevés pour l’acheminement de ses marchandises. Une situation qui, au fond ne profitait a aucune des deux nations. La présence du Premier ministre nigérien a l’investiture de Romuald Wadagni ouvre ainsi la voie à un possible rapprochement. L’ancien ministre béninois de l’Economie et des Finances mesure sans doute mieux que qui conque les implications économiques de cette crise sur les finances publiques et sur les échanges commerciaux régionaux. Son profil de gestionnaire et sa connaissance des enjeux économiques pourraient favoriser une approche pragmatique dans la conduite des relations avec les pays de l’AES. La participation des délégations du Niger, du Mali et du Burkina Faso à cette cérémonie peut être interprétée comme un premier pas vers une normalisation progressive des rapports diplomatiques. Si cette dynamique se confirme par la réouverture des frontières et la reprise du trafic commercial, le Port autonome de Cotonou retrouverait une partie de son attractivité, au bénéfice des transporteurs, des opérateurs économiques, des douaniers et des commerçants béninois.
La réouverture des frontières et le commerce transfrontalier
La fermeture prolongée de la frontière de Malanville a fortement ralenti les échanges entre les populations des deux pays. Une réouverture permettrait de redynamiser le commerce transfrontalier et de stimuler l’économie locale, avec des effets positifs sur le coût de la vie des ménages de part et d’autre de la frontière. Désormais, les regards sont tournés vers les initiatives que prendront les autorités beninoises et nigériennes afin de transformer ces signaux diplomatiques en actions concrètes au profit des populations. Car au-delà des considérations politiques, ce sont les intérêts économiques et le bien-être des citoyens qui demeurent les principaux enjeux de ce rapprochement attendu.


