L’Université d’Abomey-Calavi (UAC) change de visage. Bien avant la rentrée universitaire 2026-2027, l’administration a engagé des travaux de rénovation et de remise en état dans plusieurs amphithéâtres afin d’améliorer les conditions d’apprentissage des étudiants. Si ces aménagements apportent un nouveau souffle aux infrastructures, certaines difficultés persistent.

Nouvelle peinture, tables-bancs et sièges remplacés, brasseurs d’air et installations électriques remis en état : c’est le nouveau visage qu’affichent les infrastructures de l’UAC après les travaux engagés pour améliorer le cadre d’apprentissage. Pour les usagers qui ont connu leur état antérieur, la différence est difficile à ignorer.
Étudiante en deuxième année de Licence en Histoire et Archéologie, Banon Mémévo Vérité constate une nette amélioration, notamment à l’amphithéâtre Amoussouga. « Par rapport à l’année dernière, j’ai remarqué beaucoup de changements. Ils ont renouvelé la peinture et changé les brasseurs ainsi que les lampes. Les prises et même les chaises ont été changées », témoigne-t-elle.
Pour elle, cette initiative est à saluer. Elle prouve que « le gouvernement actuel écoute les étudiants et tient à résoudre un certain nombre de problèmes auxquels nous sommes confrontés depuis des années ».Même constat chez Béni Kpétchékou, étudiant à la Faculté des Sciences Humaines et Sociales (FASHS).
Il apprécie notamment le remplacement des sièges défectueux, qui permet désormais de s’asseoir dans de meilleures conditions. Il relève aussi l’amélioration de l’éclairage et de l’aspect général des salles de cours.Pour Abome Prince Charbel, responsable étudiant à la FASHS, ces aménagements répondent à des difficultés bien connues.
Au cours des années antérieures, la chaleur et le manque d’éclairage rendaient parfois les cours pénibles, particulièrement en fin de journée. Emmanuel Badé, responsable étudiant en deuxième année de Gestion, se souvient encore des malaises liés à la chaleur et des difficultés à suivre les enseignements lorsque les lampes et les haut-parleurs ne fonctionnaient pas. La remise en état des équipements apparaît donc comme une réponse à des préoccupations exprimées depuis plusieurs années. Mais l’amélioration du confort ne règle pas tout.
Le manque de places complique toujours les cours
Dans certains amphithéâtres, le confort retrouvé se heurte à une autre réalité : le nombre d’étudiants dépasse largement les places disponibles. Sur le campus, la scène est familière. Des étudiants s’entassent, certains restent debout, d’autres s’installent à même le sol ou adossés aux murs.
Faute de places, plusieurs suivent les enseignements depuis l’extérieur. Pour Emmanuel Badé, une situation déjà préoccupante se complique davantage. « C’est très difficile. Comme vous pouvez le constater, il y en a beaucoup qui restent debout. Les rangées sont pleines. Beaucoup sont par terre et sur le podium, d’autres sont dehors, sous le soleil », décrit-il.
Le responsable précise que l’effectif de la promotion dépasse 800 étudiants, alors que les amphithéâtres A500 et B500 mis à sa disposition ne comptent que 500 places chacun. Un décalage qui compromet les conditions d’apprentissage. Selon Aubierge Gbèvo, une étudiante contrainte de suivre le cours depuis l’extérieur, sous un arbre, « même les étudiants qui trouvent une place doivent parfois composer avec la promiscuité. À cause de ces problèmes, certains préfèrent même rester à la maison ».
Une situation aggravée par les rénovations
« Le problème n’est pas nouveau. Depuis qu’on a commencé, on n’a jamais été accueillis dans un cadre confortable », lance Sonounameto Chantal, qui suivait le cours depuis l’extérieur, adossée au mur de son amphithéâtre.
Pour elle, le manque de salles à l’Université d’Abomey-Calavi n’est plus un secret. C’est une situation qui se complique avec les chantiers en cours. Elle évoque le module de l’ex-FASHS, toujours en rénovation, qui ne peut actuellement accueillir les étudiants.
Elle pointe aussi le bâtiment E, situé à proximité du décanat de la FASHS, et d’autres amphithéâtres encore en chantier. Ces modules indisponibles « réduisent temporairement le nombre de salles accessibles et accentuent la pression sur celles qui sont fonctionnelles », explique-t-elle. La situation n’est toutefois pas identique partout.
Si certains étudiants de la FASEG et de la FADESP se plaignent du manque de places, d’autres disposent de salles relativement adaptées à leurs besoins, selon les constats et témoignages recueillis.
Des équipements encore nécessaires pour achever l’œuvre entamée
Dans les amphithéâtres rénovés, des besoins subsistent. Abome Prince Charbel évoque notamment l’absence de dispositifs de projection adaptés, qui permettraient aux enseignants de présenter plus facilement les contenus préparés sur ordinateur. Il souhaite également que l’accès à l’eau soit facilité sur le campus.
Béni Kpétchékou souligne, pour sa part, les difficultés sonores. « Lorsque les enseignants ne disposent pas d’une amplification sonore, certains étudiants peinent à entendre les explications », relève-t-il. Enfin, le problème du délestage revient.
Banon Vérité signale des coupures d’électricité qui continuent de perturber les enseignements, malgré les améliorations apportées aux installations.Pour les étudiants, l’enjeu n’est plus seulement de disposer de salles propres, éclairées et mieux ventilées. Il s’agit aussi de garantir à chaque étudiant une place assise et des conditions d’écoute adaptées. Tant que ces besoins ne seront pas pleinement satisfaits, les efforts engagés sur les infrastructures ne suffiront pas à répondre à l’ensemble des attentes liées à la qualité de la formation.
David Aguida
