Les commerçants de l’ancien marché de Missèbo ont rejoint, depuis plusieurs mois, le nouveau site, aménagé par les autorités. Si les infrastructures modernes et de meilleures conditions de travail sont saluées, de nombreux vendeurs dénoncent une baisse importante de la clientèle, des loyers jugés élevés et appellent à des mesures d’accompagnement.
Pour plusieurs commerçants le déménagement représente une avancée importante. Vistoria Ogounmodede, vendeuse de torchons, serviettes et nappes depuis sept ans a Missèbo apprécie nouvelles conditions de travail. « Là-bas, y avait trop de tracasseries. Ici, nos marchandises sont en lieu sûr et nous sommes vraiment a l’abri du soleil», explique-t-elle. Meme satisfaction chez Félicienne Akunna, commerçante de friperies pour enfants de puis près de vingt-cinq ans, qui souligne un cadre plus adapté à ses conditions physiques. « Non seulement l’environnement est présentable, mais à mon age, j’ai moins de travail pour l’entretien », confie-t-elle. Selon plusieurs témoignages, le transfert n’a pas suscité d’opposition majeure. Toutefois, l’insuffisance des espaces disponibles a empêché l’installation simultanée de l’ensemble des vendeurs. Malgré ces améliorations, les ventes peinent à décoller. Chima Obi, vendeur de friperies et de jeans, observe une nette baisse de fréquentation. Habitués leurs repères, de nombreux acheteurs continuent en effet de fréquenter l’ancien marché ralentissant ainsi le développement commercial du nouveau site. « Dans l’ancien Missèbo les clients viennent beaucoup et nous connaissent déjà. Ici, depuis le matin, je n’ai encore rien vendu », regrette-t-il. Pour de nombreux commerçants, cette situation s’explique par la persistance de l’activité sur l’ancien site, toujours fréquenté par des vendeurs et une partie de la clientèle habituelle. « Si tout le monde déménage, la vente va beaucoup plus s’améliorer », estime Chikaodi Minatus Nzeh. Vistoria Ogounmodede abonde dans le même sens. « Nos , clients préfèrent rester là-bas parce que des commerçants y exercent toujours ». Le coût des hangars au cœur des préoccupations. Au-delà de la question de la clientèle, le coût des emplacements constitue l’autre grande source d’inquiétude. Les commerçants doivent s’acquitter d’un loyer mensuel fixé à 21000 francs CFA pour leur hangar. « C’est cher. On ne vend pas et il faut aussi s’occuper de sa famille », souligne Chima Obi. Pour Félicienne Akunna, cette charge pèse également sur l’équilibre économique quotidien : « Avec les charges quotidiennes et les soins des enfants, ce montant est un peu trop ». Malgré les difficultés, les commerçants gardent espoir. Tous espèrent une augmentation progressive de la fréquentation du marché. En attendant leur principal plaidoyer reste le même une réduction temporaire du coût des hangars afin de leur permettre de traverser cette période d’adaptation dans de meilleures conditions.
Salaman AGADA et Gaël FAMBO (Stags)

